CHAPITRE 1 SAINT-QUAY-PORTRIEUX ANOMALIE DE L'EVECHE DE DOL

Les séquelles de l'histoire peuvent persister plusieurs siècles, Saint-Quay-Portrieux en est l'éclatante démonstration, car la paroisse de Saint-Quay qui était incluse dans les limites géographiques de l'évêché de Saint-Brieuc va relever du X° siècle jusqu'au concordat de 1802 de l'évêché de Dol.
Selon F.Merlet(1), cette anomalie est la conséquence de la lutte d'influence à laquelle se livraient l'archevêque de Dol, Wicohen et Conan le Tort, fils du Comte de Rennes vers la fin du X° siècle.
 En 970, la guerre mit fin à la domination temporelle et spirituelle de l'archevêque de Dol qui s'exerçait sur une grande partie de la Bretagne Nord.
Ceci se situait à l'époque des invasions normandes. Le nouveau découpage territorial rétablit les évêchés de Saint-Malo, Saint-Brieuc et Tréguier. Néanmoins les responsables de l'évêché de Dol négocièrent le maintien de points d'appui sur la côte Nord de Bretagne dont St-Coulomb, St-Ideuc, St-Jacut, St-Quay, Kérity, Lanvignec, Lannevez, Bréhat, Lanmodez, Trévou, Tréguignec, Perros-Guirrec, Loguivy, Locquirec et Locquénolé.

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Dans le même souci de protection des côtes, de nombreux rochers et îles furent rattachés à ces enclaves de Cancale à St-Pol de Léon comme les Ebihens, St-Quay, St-Riom, Bréhat, l'estuaire du Trieux et les Sept Iles. S'y ajoutaient d'anciens monastères et des forêts.
Le diocèse de Dol va donc contrôler vingt-huit paroisses et six trèves dans les Côtes-du-Nord. En conséquence,la paroisse de St-Quay
fera partie du doyenné de Lanvollon et demeurera dans cette situation comme toutes les autres enclaves jusqu'au concordat.
Le Pagus Gouelou
Sur le plan civil, la Bretagne est au IX° et X° siècles divisée en pays : Saint-Quay-Portrieux fait partie du Pagus Gouellou (qui sera à l'origine du Goëlo) dont les limites sont les suivantes: Au Nord Paimpol, à l'Ouest la rivière Le Leff, à l'est la côte Ouest de la baie de Saint-Brieuc, et au Sud Plérin.
Le Pagus Penteur (Penthièvre) s'étend du Gouet à l'Arguenon et # englobe, entre autres, la côte Est de la Baie de Saint-Brieuc. Ce découpage civil ne reconnait pas la baie de Saint-Brieuc comme une entité et cette situation va se maintenir pendant des siècles tant que la mer ne sera pas adoptée comme moyen de communication et surtout perçue comme une même zone d'intérêt économique pour les deux rives de la baie. Ce n'est qu'au XIX° siècle que sera prise en compte cette situation lors du développement de la pêche hauturière.
Rappelons seulement qu'au XI° siècle, Saint-Quay-Portrieux fera partie du Comté de Tréguier et au XII° siècle du Baillie de Tréguier ou Goëlo.
Il n'est pas dans l'objectif de ce livre de reproduire l'histoire des Côtes-du-Nord ni de reprendre la légende du moine irlandais qui donna son nom à la commune, de nombreux écrits ont déjà retracé ces événements et d'autres l'histoire religieuse de Saint-Quay(2) . 
L'ancienneté de nombreux documents relatifs à la vie de la paroisse montre son degré d'organisation dès le XVI° siècle, son activité économique et aussi la persistance comme la persévérance de certaines familles qui exerceront des responsabilités sur de très longues périodes à travers les siècles.
Saint-Quay est inclus civilement dans la Chatellenie de Lanvollon, qui fait partie du Comté de Goëlo(3)
Pendant plusieurs siècles, le Seigneur Comte d'Avaugour et de Goëlo aura le privilège de juridiction, seigneurerie, fief et ligence sur de nombreuses terres du Goëlo dont pour Saint-Quay-Portrieux: le manoir de la Ville-Mario, le lieu noble des Fontaines, la maison noble de Ruloy, celles du Tertre, du Minihy, de la Ville-Basse, de la Ville-Robert, de Fonteny et autres.
La collecte des rentes ne se faisait pas sans difficultés et dans certains cas était tout à fait illusoire comme le rapportent deux documents .
Rentes censives ou foncières par froment dues à la Seigeurerie de Lanvollon en la paroisse de Saint-Qué(4)
Le document d'où est extrait le rapport énumère un certain nombre de rentes collectées de 1638 à 1678:
Le commissaire général du Seigneur Comte d'Avaugour et de # Goëlo sur ordonnanceî prend les mesures d'un emplacement de ruines et mazières de maison qui était anciennement appelé le Porche du Duc, situé sur le bord de la mer en la dite paroisse de St-Qué lequel s'est trouvé contenir soixante dix huit pieds de long et cinq pieds et demi de laise dans lequel emplacement il ne reste que quelques chétifs murs de pierre la plupart ruinés jusqu'aux fondements sans aucun boisage ni merrains qui ne produisent et n'ont produit aucun revenu il y a longues années et néanmoins obéissant à la dite ordonnance avons estimé les pierres et ruines avec leurs fonds à tel prix que de raison pour valoir et servir ou être la somme de soixante livres tournois sauf à les distraire du présent prisage si ainsi il est cy après ordonné.î
Un deuxième rapport de visite à ìSt-Quéî exécutée à la même époque fait état d'un moulin qui ne donne aucun revenu car il n'en reste aucun vestige. De plus, le Commissaire rappelle ì quant est des prééminences d'église et droits honorifiques dépendant de la dite seigneurerie de Lanvollon, le Seigneur d'Avaugour étant seigneur supérieur et fondateur de l'Eglise parroichiale de la dite ville ... et seigneur supérieur de la paroisse de St-Qué, Lanneber et Plesguein encore bien que les dits droits honorifiques ne produisent jamais aucun revenu , néanmoins obéissant à l'ordonnance de Monsieur le commissaire insérée en son procès- verbal nous avons estimé les dits droits honorifiques aussi à telle fins que de raison sauf à distraire si être doit la somme de deux mille livres tournois une fois payée.î
Le général de la Paroisse de Saint-Quay-Portrieux
La commune de Saint-Quay-Portrieux va être administrée jusqu'à la Révolution par leî Généralî de Paroisse. C'est en fait une assemblée générale qui exerce des fonctions dans trois domaines religieux, administratif et fiscal.
Cette assemblée comprenait en principe 17 membres dont trois membres de droit qui étaient le recteur, le sénéchal c'est à dire le juge local et le procureur fiscal. S'y ajoutaient deux trésoriers ou fabriciens et douze anciens trésoriers. La charge de trésorier était tournante et était occupée seulement pour une période d'un an . Sa nomination se faisait par cooptation.
Le Général avait d'abord une mission de gestion des biens de #l'église telle que l'entretien des bâtiments, les dépenses de fonctionnement; mais surtout la collecte de certains impôts et taxes et une partie de la responsabilité de la juridiction locale.
Cette assemblée nommait les égailleurs et collecteurs qui assuraient l'îégailî c'est à dire la répartition des impôts et la collecte des fouages, capitations et vingtièmes.
Enfin, elle procédait au tirage au sort de la milice garde-côte.
Les problèmes de prééminence avec la Seigneurerie de la Ville-Mario(5)
La superposition de toutes les prérogatives, le flou de certaines juridictions entraînent forcément de nombreux conflits de prééminence. L'enjeu est quelquefois important, il peut être aussi insignifiant . Ce fut le cas en Juin 1721: Guillaume Raoul, Sieur de Heller, procureur fiscal de la juridiction de la baronnie de la Ville-Mario (agissant pour puissant Seigneur Messire Jean-François du Plessis, duc de Richelieu et de Fronsac et François Bernardin du Chatelet, Comte de Clermont, époux de dame Mary Armand du Plessis et de Richelieu, propriétaire de la Seigneurie de la Ville Mario) assigne le général de la paroisse de St-Quay à comparaître à la prochaine audience de la juridiction et baronnie de la Ville Mario au havre de Porthieux ì à l'effet de se voir condamner à débarrasser et décombrer le bouet de préminance de la dite seigneurerie offusquetée ou sinon de leurs raisons et motifs pour avoir placé des bancs dans leur église au lieu et place de ceux de leurs seigneurs fondateurs.î
Les premiers trésoriers du général connus remontent à 1528(6)
Dans ce document publié en 1948 par Jean-L.Martin est dressée une liste pratiquement ininterrompue des trésoriers de la paroisse depuis 1528 à 1752. Cette liste est reproduite en annexe et présente beaucoup d'intérêt car elle permet plusieurs constats. Tout d'abord la pratique montre que le mandat d'un an pour les trésoriers est parfaitement respectée pendant trois siècles. Les noms de certaines familles se perpétuent dans cette charge jusqu'à la Révolution, puis les représentants de ces mêmes familles occuperont des fonctions communales et municipales pendant la Révolution, le premier Empire et au XIX° siècle. # Les patronymes qui reviennent le plus souvent sont entre autres: Gléyo, Le Breton, Thesmoy, Rebours, Raymond, Gourio, Vitel, des Cognets, Jan, Glau, Le Mée, Fichet, Guéret, Lamy, Corbel, Richard, Denis. A ces noms sont quelquefois associés les noms de terre ou de propriété dont quelques uns existent encore comme dénomination de quartier ou de lieu-dit: la Rueloye, les Fontaines, la Ville-Gourio, la Ville-Basse, la Ville-Robert, la Villeséro, le Tertre, Fonteny, la Ville-Mario, le Minihy, les Grèves, le Prémuré, les Venelles, le Villenoro, la Villequinin, Grandchamp. 
Les registres paroissiaux de Saint-Quay-Portrieux qui sont conservés aux Archives départementales de Saint-Brieuc sont d'ailleurs très anciens car les premiers remontent à 1551, or peu de communes disposent d'une telle source d'information sur la population locale (7).
La densité de la population est dès cette époque révélatrice de l'importance de l'habitat côtier puisqu'en 1667 la partie correspondant au canton actuel d'Etables a la densité la plus élevée de la baie de St-Brieuc entre 100 et 200 Habitants / km 2 (8).
En 1770 cette densité dépassera les 200 habitants / km 2.
La requête pour l'établissement de foires et marchés à Porterieu en 1747 (9).
La procédure suivie pour établir cette requête, les acteurs de cette action, le délai pour la prise de décision et l'excessive centralisation de l'époque sont révélateurs des difficultés de la vie d'un bourg à cette époque.
Le Dimanche 30 Juillet 1747, en présence de Jacques Antoine Cauchoix, greffier, après les vêpres célébrés par Raoul Claude Gautier, recteur, le général de la paroisse s'est réuni.
Ont comparu:
• Claude Fichet des grèves, négociant
• Philippe Oudineau, sieur du Poirier au Portherieux
• Thomas Gleyo, négociant,
• Antoine Le Rouille
• François Houart, sieur du Tertre
• Charles Corbel, sieur de la Villenoro
• Etienne Houart
• Jean-Baptiste Lemée, sieur de la Villequinin
• Alexis Pedron, sieur de la Villequinin
• Barthélemy Manoir
• François Raymond, sieur du Haut-tertre
• Louis Manoir et Jean Loyer tous négociants.
Ils donnent pouvoir à Monsieur de la Motte Desgesnes, avocat au Conseil du Roy de présenter et signer une requête.
La requête a une suite favorable
La requête aboutit sur le bureau de Louis XV et en 1748 un accord est octroyé par le Roi de France avec le libellé suivant:
ìLouis par la grâce de Dieu, Roy de France et de Navarre au mois de Février l'an de grâce 1748 et de notre règne le 33 à tous présents et à venir , salut à nos chers et bien-aimés Claude René Chrestien, Vicomte de Tréveneuc et Claude de la LandeCalan, co-seigneurs du hameau de Porterieu, Paroisse de St-Quay, évêché de Dol et les habitants du lieu nous ont fait représenté que le général de ses habitants est presque entièrement composé de gens de mer et qu'ils rendent plus de service à l'état par leur commerce qu'ils ne peuvent faire en cultivant les sables arides qui les environnent qu'en ces états ils ne recueillent pas le tiers du bled qui leur est nécessaire pour leur subsistance et que le seul moyen de leur procurer ces avantages seront d'établir au hameau de Porterieu un marché public franc, tous les Samedis, et deux foires franches, l'une le Samedy d'après les roys et l'autre le premier Samedy de Juin. Le document est signé de la main de Louis XV et contre signé par Daguessau, Chancelier du Roi.
Ce texte souligne le caractère maritime de la paroisse de Saint-Quay dont la majorité de la population sont des gens de mer.
Le consentement royal est-il exécuté ?
Le doute est permis, car en 1757 la question semble encore d'actualité. En effet, cette année-la, les habitants de Porterieu adresse une supplique à son Altesse Monseigneur le Prince de Soubise (10) sur le même sujet (11). Ce dernier aurait-il été oublié dans la procédure de demande?
Il est, en effet, précisé que les Seigneurs de ce lieu sont son Altesse, Monseigneur le Prince de Soubise, Monsieur le Comte de Tréveneuc et M. de la Lande-Calan, ces deux derniers ayant déjà donné # leur consentement. Les motifs de cette nouvelle demande sont exprimés dans les mêmes termes que la précédente; y sont ajoutés quelques commentaires sur ìl'existence de marchés dans les environs qui ne devraient pas souffrir de préjudices: le plus voisin est celui de Binic qui est à une lieue et se tient le Jeudy, le marché de Chatelaudrun à 3 lieues se tient le Lundy, celui de St-Jacques à deux lieues se tient le Mardy ; le Vendredy, c'est à Lanvollon, distant de 2 lieues et les Mercredy et Samedy à St-Brieuc qui est éloigné de 3 lieues. Les voisins retireront même un grand avantage de cet établissement parce qu'en fournissant leurs bleds, ils se pourvoiront commodément de bien des douceurs que le commerce de mer fournit.î
ìLe Roy y a fait dresser l'année dernière deux batteries de canon pour faire de ce port un azile aux bâtiments qui n'en ont point d'autre contre les corsaires de l'isle de Gerjay depuis Bréhat jusqu'à Saint-Malo. La commodité du lieu et l'affluence des mariniers qui y abondent y avaient fait établir un marché il y a environ 50 ans, mais il fut bientôt déserté par rapport aux droits de coutume que son Altesse le Prince de Soubise , le Comte de Tréveneuc et M. de la Lande-Calan , qui y sont seigneurs, y faisaient lever.
Les habitants joignent icy leur délibération du 30 Juin dernier et le consentement des Sieurs de Tréveneuc et de La Lande-Calan du 29 Juillet avec leurs renonciations pour eux et leurs successeurs à tous droits de coutume.î
Des difficultés de déceler le meilleur canal pour introduire une requête
Une lettre (12) signée par Jean Delpeuch, procureur fiscal du Comte de Goëllo et de la baronnie d'Avaugour et adressée le 11 Novembre 1757 à l'Intendant général de la Maison de Rohan à l'Hôtel de Soubise démontre les difficultés de l'époque pour discerner les prérogatives de chacun.
ìChatelaudrun, le 11 Novembre 1757

Monsieur,
J'ai reçu la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire le 1er jour de ce mois avec la copie du mémoire présenté par les habitants du Porterieux pour obtenir un marché tous les Samedis de chaque semaine et deux foires. J'en ai communiqué aux officiers les plus éclairés des chatellenies qui approuvent le mémoire dans sa sincérité et conviennent que des marchés et foires seraient très utiles pour l'aisance des habitants du lieu et des paroisses circon voisines, le Porterieux étant un port de mer, il deviendrait beaucoup # plus commerçant, mais que cette demande ne peut être obtenue qu'au nom de son altesse Monseigneur le Prince de Rohan et non en celles de ses habitans, et sans comprendre les consentements Messieurs de Tréveneuc et de Calan, bien qu'ils exercent en ce lieu des droits de justice. La Seigneurerie et Chatellenie de Lanvollon a la supériorité, et dans l'obtention des lettres il ne serait pas nécessaire de faire exprimer les termes de marchés et foires franches, bien que dans les établissements nouveaux on laisse la liberté, à un chacun, et par la suite les Seigneurs, s'ils jugent à propos, font exercer leurs droits.
J'ai appris que les habitans de Porterieux s'étaient imaginés de s'adresser au Sieur Boulanger, secrétaire de Mr le Comte de St-Florentin; (13) s'ils s'étaient consultés, on les aurait instruit que le véritable moyen de réussir, c'est par le crédit de Monseigneur qui peut seul et en son nom obtenir ce qu'ils demandent.
MM. les Officiers de toutes les chatellenies sont bien inquiets de l'avenir du département qui les empêche de jouir de leurs charges. Ils implorent l'assistance de son Altesse qu'ils supplient très humblement d'agir pour en empêcher l'effet.
J'ai l'honneur d'être avec tout le regret possible, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.
Cette correspondance clarifie les choses, le consentement ne peut être accordé qu' à la Maison de Rohan. Fut-il accordé? Nous n'avons pas retrouvé de texte le prouvant. De plus, cette correspondance est postérieure de neuf ans à l'accord signé par le Roi et Daguessau octroyant l'établissement de foires et marchés. Cette décision royale fut-elle appliquée puisque la question est encore soulevée en 1757?
Un document daté de 28 Octobre 1681 dressant la liste des foires dans le comté du Goëlo précise qu'un foire existe annuellement à St-Quay le 23 Septembre à la St-Mathieu et qu'un marché est ouvert tous les Mardis au havre du Portrieux.
Les archives du Château de Chantilly sont riches de l'histoire de Saint-Quay-Portrieux
De nombreux documents relatifs à la Paroisse de Saint-Quay-Portrieux sont conservés aux archives du Château de Chantilly. Ces documents couvrent une période de 1420 à la Révolution. Ayant été # réunies avec les archives de Penthièvre, celles-ci furent transmises au Duc d'Aumale , dernier descendant des Penthièvre. Or,le Duc d'Aumale, fils de Louis-Philippe fut aussi le dernier propriétaire du Château de Chantilly. Ces documents comprennent de nombreux aveux, contrats, chef-rentiers dont ceux des Manoirs des Fontaines, maisons nobles de la Ville-Robert, du Tertre, Minihy, Fonteny, Ville-basse, Reuloye, Ville-Mario. Egalement des contrats entre particuliers à la Ville-Frehour, les Besaces, la Ville-Séro, la Ville-Aujart, la Horvais.
Les annotations dans les contrats rappellent les vicissitudes de l'époque et les contraintes professionnelles: ainsi, en 1762, Laurent Grinard, époux de Marie-Anne Le Basque et Alexis Le Suauce époux de Françoise Gueret sont mentionné comme absents et détenus en prisons d'Angleterre. La guerre de Sept ans a, en effet, éclaté en 1755 et pendant ce conflit 300 navires et 8000 hommes d'équipage furent saisis dans les ports anglais et de nombreux marins seront ainsi emprisonnés. Dans un autre contrat rédigé le 1 Mai 1770, Jérôme Raimond, époux de Pétronille Corbel est mentionné comme étant à Terre-Neuve.
Rôle et rentiers de la Grande tenue de Saint-Quay (14)
Ces archives contiennent les rôles et rentiers de la grande tenue de Saint-Quay dépendant de la Seigneurerie du Gouello, ìsur laquelle il est dû pour chacun au jour et terme de Noël le nombre de 64 boisseaux (15) de froment, mesure marchande de Gouello et 16 sols de rente de cents qui se monte pour la tenue de Noël dernier 1770 à la valeur de sept livres deux sols trois deniers le boisseau marchand suivant le précis de Lanvollon de Noël dernier à la somme de 456 livres.î 
Les revenus de cette tenue évoluent donc avec la valeur du boisseau de froment, variations qui ont d'ailleurs une grande amplitude sur quelques années.
Année /Revenus Livres/Valeur du boisseau livres / Nombre de familles
• 1674 - 189 - 160
• 1747 - 247 - 203
• 1756 - 280 - 206
• 1760 - 270 - 180
• 1762 - 300 - 176
• 1767 - 366 5 et 14 sols
• 1769 - 430 6 et 14 sols
• 1770 - 456 7 et 2 sols
• 1772 - 500
• 1773 - 471 - 189
• 1774 - 512 - 8
• 1776 - 333 - 5
• 1777 - 384 - 6
• 1778 - 392 6 et 2 sols
• 1781 - 413 6 et 2 sols
• 1782 - 426
• 1783 - 419
• 1784 - 446
• 1789 - 480
• 1790 - 296

Que s'est-il-passé en 1790 car le document comptable mentionne que 134 familles n'ont pas payé pour cet exercice. Refus de payer cette contribution, difficultés financières pour de nombreuses familles à l'aube de la Révolution?
Poids économique et fiscal des paroisses du Goëlo en 1753
Le relevé de l'impôt dit du 20° en l'Evêché de Tréguier en 1753 montre le poids de nombreuses paroisses rurales et la faible imposition de la Paroisse de St-Quay . Néanmoins, une prudence est nécessaire pour apprécier les chiffres car les limites des paroisses de l'époque ne se recoupent pas toujours avec les communes actuelles, de plus d'autres taxes et impôts étaient également collectés.
Paroisses Revenus livres 
Chatelaudrun 2344 
Plélo 173 
Plouagat 426 
Boqueho 55 
Goudelin 20 
Ploumagoar 109 
Plésidy 5015 
Le Haugon 2813 
Pléneuf 3062 
Trémuzon 330 
Lanvollon 1088 
St-Quay 198 
Paimpol 89
Pleubian 130 
Plouet 1082 
Pleugal 195 
# La Roche Derrien 1028 
______ 
Total 19271
Composition du général de la paroisse à l'aube de la Révolution
Le compte-rendu de la délibération du 12 Juillet 1789 donne la composition du général de la paroisse à la veille des grands événements révolutionnaires:
Trésorier: Vin cent François Gleyo
Syndic: Louis-François Glau
Collecteur de la capitation: François Corbel,sieur de la VilleNoro
Le collecteur du vingtième: François Jan
Egailleurs: Louis Lemeur du Portrieux
Jean-Baptiste Houard
Jean Thémoin
Econome de la boete des défunts: Thomas Manoir
Signés: François Corbel, sieur de la VilleNoro
Thomas Thémoy, sieur des Venelles
Alexandre Thémoin
Thomas Manoir
François-Marie Lemée,sieur des Fontaines
Jacques Boterel
Jean-Baptiste Fichet
Augustin Lemée, de la Ville Quinin
Jean Manoir
Pierre Auffray
Augustin Fichet, sieur des Maisons
Antoine Le Rouilleé
Jérôme Lamy
Joseph Marie Manoir
Jean-Louis Thoin
L.G.A. Thouin, greffier de la délibération.
Plusieurs des membres du général exerceront tout naturellement par la suite diverses responsabilités comme maires, officiers municipaux et officiers de la compagnie de volontaires qui sera créée en Septembre 1789. Il n'y aura donc aucune rupture à la tête de la collectivité de Saint-Quay-Portrieux lors du changement de régime car les nouvelles structures mises en place après 1789 à l'échelon des petites communes restent semblables en effectif aux précédentes et le groupe des notables locaux est surtout constitué à l'époque de négociants, armateurs et marchands liés au commerce maritime et favorable à la libre circulation des biens et des hommes sur les mers.
1 F.Merlet-Limites des diocèses à la veille de la Révolution dans le département des Côtes-du-Nord-A D 22. 4 bi 516
2 LE NORDEZ(E)- Le Guide des Baigneurs à Saint-Quay-Portrieux-1889-1890
3 DARSEL(J)-Notes historiques sur la Paroisse de Lanvollon, 1970,P.34.
4 Chateau de Chantilly A.C.F.40
5 A D 22. 20 G 559-Fonds paroissiaux St-Quay
6.MARTIN J.L.,-Notes brèves sur l'ancienne église de St-Quay-Portrieux-Octobre 1948
7 A D 22. Régistres paroissiaux de Saint-Quay-20 G 592 et suivants
8 Les Côtes du Nord de la Préhistoire à nos jours Minois G.(sous la direction de)Ed. Bordessoules, 1987.
9 A D 22. Régistres paroissiaux de St-Quay-20 G 599
10 Charles de Rohan-Soubise, (1715-1787) Pair et Maréchal de France, ministre d'Etat.Il était également baron d'Avaugour et Comte de Goëlo. Une de ces filles épousa le Duc de Bourbon, Prince de Condé qui fut le dernier Comte de Goëlo.Un des fils de ce dernier était le Duc d'Enghein, fusillé à Vincennes le 21 Mars 1804. Voir Carnets du Goëlo.N°4-1988.P 11
11 Chateau de Chantilly. Série FII carton 98
12 Chateau de Chantilly.Série F II, carton 98
13 Il s'agit peut-être du Comte de Saint-Florentin (1705-1777) responsable des affaires de la Maison du roi et du clergé
14.Chateau de ChantillySérie F.II Carton 98
15 Boisseau= environ un décalitre